Je sais de quoi je parle. Un beau jour j’en ai eu marre d’être considéré comme un rat de bibliothèque, comme le « geek » de service planqué derrière son ordi à longueur de temps, celui qu’on consulte uniquement quand on a besoin de lui, mais qu’on évite soigneusement d’inviter pour passer du bon temps. C’est pourquoi j’ai pris pleinement conscience que j’avais besoin d’être aidé, d’apprendre à séduire, enfin !
Je me suis intéressé à la question en profondeur et la première chose que j’ai comprise était la suivante : En m’examinant de plus près, j’ai découvert que l’image que j’avais de moi-même ne me convenait pas, j’avais même une image de moi plutôt malsaine. Celle de quelqu’un de tellement introverti que c’en était pathétique, et cette image m’entrainait inexorablement dans une sorte de spirale d’échecs perpétuels dans mes relations avec les autres.
Alors, j’ai fait l’effort d’accorder un peu plus d’importance à l’image que je renvoyais aux autres. J’ai changé de style vestimentaire. Finis les velours côtelés, les pulls en laine tricotés par grand-mère, assortis du passe-montagne et de l’écharpe en grosse maille (Ok ! Je force un peu le trait, mais sachez quand même que je viens de loin). Je me suis mis au très classique jean/tee-shirt agrémenté d’une simple veste Zara. L’effet a été immédiat. Du jour au lendemain, mes collègues de bureau, hommes et femmes confondus, se sont mis à me parler. Au début pour se moquer de mon changement d’apparence, mais très vite c’est comme si j’avais toujours appartenu à leur monde.
Cette réaction unanime m’a vraiment frappé. Je me suis rendu compte qu’il était extrêmement facile d’inverser la tendance et que « changer » tenait vraiment à peu de choses. A partir de ce simple changement de look, les gens se sont ouverts à moi et moi à eux. Mon plaisir était tel que c’était comme si je renvoyais des ondes positives. J’ai pris confiance en ma capacité de plaire, j’ai gagné en aisance dans mes relations professionnelles et amicales, j’ai commencé à vraiment aimer les gens.
Toute la clé du problème est là. On ne peut pas être heureux sans les autres. Vous pouvez toujours tenter le coup et rester cloîtrer chez vous à vous convaincre que vous pouvez très bien vous suffire à vous-même ; mais soyez sûr que le vrai bonheur c’est savoir qu’on peut plaire ou qu’on peut séduire et susciter l’intérêt de quelqu’un. Mais pour rendre possible cette alchimie, la seule solution est de sortir de sa réserve, et de redevenir un animal social.
